SRTCG – Syndicat des Revendeurs de TCG

Comprendre le marché

Importance économique
des licences et de la distribution

Le marché du TCG connaît depuis quelques années une croissance importante à l’échelle mondiale. Certaines licences majeures structurent très largement ce marché, notamment Pokémon, suivi de Magic : The Gathering, Yu-Gi-Oh!, One Piece ou encore Disney Lorcana.

La franchise Pokémon est aujourd’hui considérée comme la franchise médiatique la plus lucrative de l’histoire, avec plus de 113 milliards de dollars de revenus cumulés en 2025 toutes activités confondues (jeux vidéo, TCG, produits dérivés, etc.). Les cartes Pokémon constituent l’un des piliers historiques de cette franchise et représentent une part très importante du marché mondial des cartes à collectionner.

La licence Magic : The Gathering, créée en 1993, est quant à elle le premier TCG moderne et demeure encore aujourd’hui l’un des jeux de cartes à collectionner les plus importants au monde, avec une communauté internationale structurée depuis plus de trente ans.

Plus récemment, de nouvelles licences comme One Piece (Bandaï) ou Lorcana (Disney) ont rencontré un succès rapide et contribuent à renforcer la dynamique du secteur.

Dans la pratique, chez les revendeurs spécialisés, ces licences représentent à elles seules plus de 95 % du chiffre d’affaires lié au TCG.


Estimation du marché français du TCG

Le marché français est estimé pour l’année 2025 entre 280 et 320 millions d’euros.

Cette estimation repose sur le recoupement de plusieurs sources sectorielles (Circana, Ludisphere, rapports d’acteurs du secteur), en l’absence de données publiques consolidées spécifiques au marché du TCG en France.

L’analyse de la structure du marché montre une forte concentration autour de quelques licences principales.

Répartition estimée du marché
Français du TCG en 2025

Répartition estimée du marché TCG France 2025
Répartition estimée du marché français des TCG — 2025

Ces estimations illustrent le poids économique très important de certaines licences dans l’économie globale du secteur. Pour les commerces spécialisés, ces jeux représentent souvent la majorité de l’activité commerciale liée aux cartes à collectionner.


Un accès aux produits structuré
autour de la distribution

L’accès à ces licences repose sur un nombre très limité d’acteurs de la distribution, disposant d’infrastructures logistiques importantes et d’accords de distribution avec les éditeurs. Comme dans de nombreux secteurs culturels, cette organisation du marché peut rendre l’accès aux produits fortement dépendant de ces distributeurs.

Pour les revendeurs indépendants, la relation avec ces acteurs constitue donc un élément déterminant de leur activité commerciale, notamment pour l’approvisionnement lors des sorties de nouvelles extensions.


Des mécanismes de distribution complexes

La distribution des produits TCG repose souvent sur des systèmes d’allocations. Pour chaque sortie de produit, les revendeurs passent en principe des commandes auprès du distributeur. Dans la pratique, les quantités livrées sont déterminées quasi exclusivement par le distributeur.

Les situations suivantes sont très fréquentes :

  • Quantités livrées très inférieures aux quantités commandées
  • Suppression totale de certaines références pourtant commandées
  • Absence de transparence sur les critères de calcul des allocations

Selon les informations communiquées par les distributeurs, ces allocations seraient notamment déterminées en fonction du chiffre d’affaires historique réalisé par le revendeur dans la catégorie concernée. Toutefois, puisque les volumes effectivement livrés sont eux-mêmes décidés par le distributeur, ce mécanisme peut avoir pour effet de figer artificiellement l’activité des revendeurs : le chiffre d’affaires futur dépend directement des quantités que le distributeur décide d’allouer.

Dans la pratique, ce système fonctionne différemment selon les licences :

  • Pour Pokémon, les revendeurs ne peuvent généralement pas passer de précommandes : les quantités sont déterminées unilatéralement par le distributeur et communiquées en général quinze jours avant la sortie du produit.
  • Pour One Piece, les précommandes sont collectées via un fichier partagé envoyé aux revendeurs dans lequel ils indiquent les quantités souhaitées. Dans la pratique, les volumes finalement alloués dépassent rarement 10 à 20 % des quantités précommandées, sans explication claire sur les critères utilisés.

Ces mécanismes rendent extrêmement difficile toute planification commerciale pour les revendeurs indépendants.


Un besoin de visibilité et de transparence

Dans un secteur caractérisé par une forte demande et une organisation logistique complexe, les revendeurs indépendants expriment régulièrement le besoin :

  • d’une meilleure visibilité sur les volumes disponibles
  • d’une meilleure compréhension des mécanismes d’allocation
  • d’un dialogue plus structuré avec les acteurs de la distribution

Ces éléments sont essentiels pour permettre aux professionnels d’anticiper leurs commandes, d’organiser leurs ventes et d’assurer une gestion saine de leur activité.


Les enjeux du secteur aujourd’hui

Le marché du TCG connaît également plusieurs évolutions majeures :

  • Internationalisation des circuits de distribution
  • Croissance du e-commerce
  • Évolution des habitudes d’achat des joueurs et collectionneurs
  • Développement de nouvelles licences et nouveaux jeux

Ces transformations modifient progressivement l’équilibre du secteur et posent de nouveaux défis aux revendeurs indépendants.

La vitalité du marché du TCG repose ainsi sur l’équilibre entre les éditeurs, les distributeurs, les revendeurs spécialisés et les communautés de joueurs et collectionneurs. Préserver un réseau de commerces spécialisés dynamique constitue un enjeu important pour l’ensemble de l’écosystème du TCG.